Au pays de la croissance infinie…

26 fevrier 2016, Pekin (Chine), 16837kms

Apres une quarantaine d’heures de voyage, les battements cadences du train s’arretent. Les portes s’ouvrent et nous voila a Pekin. Enfourchant nos bicyclettes, nous traversons alors la ville a la nuit tombante. Innombrables gratte-ciel, immenses avenues, place Tiananmen illuminee, Cite interdite bien gardee… la megalopole nous impressionne. Plus de 20 millions d’habitants et de la ville qui s’etend a perte de vue. Nous decouvrons une toute autre Chine que celle que nous avions rencontree il y a quelques mois a travers les hauts plateaux et les montagnes tibetaines… Une Chine urbaine, industrielle, ambitieuse, « gargantuesque ».

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Apres avoir passe la frontiere entre le Vietnam et la Chine, les kilometres a velo dans la province du Yunnan defilent au milieu de paysages certes montagneux mais tres marques par l’empreinte de l’homme. Autoroutes, carrieres, barrages hydrauliques, agriculture extensive, maraichage hors-sol et sous serres, villes champignons, complexes industriels, antennes relais… Avant d’arriver a Kunming, capitale de la province, c’est 50 kms d’urbanisation continue que nous parcourons. A proximite des axes de circulation, pratiquement pas un bout de colline qui ne soit exploite. Ici l’homme tend a maitriser le moindre espace naturel, peu importe les consequences, pourvu qu’il y ait de la croissance.

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Les consequences sont pourtant majeures. Exemple parmi d’autres : pour la première fois, en decembre 2015, le niveau d’alerte maximale à la pollution, mis en place en 2013 a Pekin, a été déclenché. Selon une étude de l’université de Berkeley, la pollution en Chine serait responsable chaque année de 1,6 million de morts et representerait un coût « cache », neglige par les autorités, de 1 400 milliards de dollars par an (rapport de l’OCDE).

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Et comme partout, il y a les laisses-pour-compte du mirage economique. Il y a ceux qui travaillent loin de chez eux et ne rentrent qu’une fois l’an aupres des leurs.

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Il y a ceux qui sont deplaces a l’occasion de grandes operations de renovation urbaine ou les vieux quartiers populaires sont remplaces par des avenues commerciales aseptisees.

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Il y a ceux qui supportent le froid du nord dans des abris de fortune ou qui tendent la main aux touristes emmitoufles…

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Mais, en plus, « l’economie socialiste de marche » a la chinoise, comme la nomment les dirigeants du pays, touche deja ses limites. Apres les « glorieuses » annees 2000, la croissance ralentit, la machine s’essoufle. Le mythe de la croissance infinie dans un monde fini a du plomb dans l’aile. Bonne ou mauvaise nouvelle?

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Et, promis, dans le prochain article, on vous montre une facette de la Chine sous un jour plus souriant!

helene

4 commentaires

  1. Frédéric

    ….à Jean Luc Moreau (Sans oublier les illustres; Doisneau, Capa…) Je ne sais qui est derrière l’oeil de l’objectif , mais alors là : chapeau!

    Toutes mes félicitations pour ces chefs-d’oeuvres!!!

    J’attends avec impatience les suivantes.

    Frédéric

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  2. Frédéric

    Bonsoir

    Je suis réellement impressionné par la qualité de vos photos.Surtout de vos dernières séries sur le Laos et le Cambodge
    Vous êtes dignes des plus grands grands reporters ( de Jean Paul Mari à J

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  3. crépet

    Salut. Super d’avoir de vos nouvelles pékinoise !. Un an que vous êtes partis ! Ici, on dirait que l’hiver s’est un peu installé. On va bien quoique Claudine est immobilisée avec sa cheville. Alors elle tricote et se repose. Toujours pas crevés les vélos ? J’ai hâte de savoir ! Bon, vous paraissez en forme. Continuez ainsi, vous y êtes.
    Bises grosses à vous deux.
    Jean-Pierre.

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  4. cousseau

    Coucou
    Pekin,, en vélo, ,…..
    De nouveau en m’abreuvant de votre récit ,j’essaye de grandir dans la conscience de la vie des vies de ma vie.
    ça y est je part en vrille, bon que faire?
    votre voyage apporte pas mal d’info et j’espére que ensemble vous m’aiderais a avancé sur des choix avenir.
    Je suis toujours a névache,avec de la vraie neige de plein hiver et un froid digne de cela,-18 °c ce matin que du bon,du blanc du bonnet…..bien rouge!!!!!
    A bientot les voyageurs en vélo
    Bisous
    ET ….on perd pas la bonne humeur
    Gillou

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