Frontières

Dimanche 27 avril 2015, Marmaris. « Hoş Geldiniz ! » (bienvenue) nous lance la douaniere avec un grand sourire. La porte s’ouvre et nous voila en Turquie, apres une traversee agreable et confortable depuis la fameuse ile de Rhodes. L’experience du passage de frontiere, avec nos passeports français, est si facile en ce jour ensoleille.

Marmaris Turquie

Une semaine avant notre passage sur l’ile de Rhodes, sur ces memes rochers ou nous avons pose nos roues, un voilier s’est echoue. A son bord, une centaine de migrants venus principalement d’Afghanistan, d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, en particulier de Syrie et d’Irak. Apres les 800 morts du 19 avril au large de l’Italie, la serie noire des naufrages se poursuit. Alors que nous entrons au Turquie, nos dirigeants europeens se reunissent et tiennent un « sommet extraordinaire pour répondre en urgence au drame des migrants en Méditerranée ». On reste perplexe. Cette reponse uniquement humanitaire sauvera sans doute des vies a court terme. Mais a plus long terme, serons-nous capables de traiter les questions geopolitiques, economiques, sociales et environnementales qui sous-tendent les flux migratoires ?

Vendredi 1er mai 2015, Selime. Nous nous arretons pique-niquer dans un petit village de Cappadoce. L’appel a la priere du vendredi retentit, les hommes se dirigent vers la mosquee. Le village ne semble plus habite que par les femmes, qui poursuivent leur quotidien, entre travaux domestiques et agricoles. Une petite heure plus tard, les hommes sont de retour. L’un d’entre eux s’arrete a notre hauteur et nous aborde en anglais. Il est professeur de physique dans un college de la region. Rapidement, d’autres nous rejoignent et engagent la conversation en français ! Nous decouvrons que plusieurs d’entre eux, parmi les plus ages, ont travaille de nombreuses annees dans les mines de Lorraine avant de rentrer « au pays » pour leur retraite. Au fil de la discussion, autour d’un çay (the) qui nous est chaleureusement offert, nous apprenons qu’une partie des jeunes du village continue a s’expatrier, a Metz, a Paris ou ailleurs. D’autres aimeraient faire de meme mais se heurtent a des politiques de l’immigration de plus en plus restrictives.

Ce village n’est pas un cas isole. A differentes reprises au cours de la traversee de la Turquie, nous rencontrons des familles dispersees entre leur village d’origine et diverses regions d’emigration, en France, en Allemagne, en Russie…

photo selime

Mercredi 13 mai 2015, Ankara. Nous patientons dans la salle d’attente de l’ambassade d’Iran. Un peu febriles, nous esperons obtenir une reponse positive a la demande de visa que nous avons faite il y a 15 jours. Nous en avons besoin pour poursuivre notre voyage. Quelques minutes plus tard et le portefeuille allege de 160 euros pour deux, le fonctionnaire qui nous recoit cordialement nous demande de repasser deux jours plus tard pour recuperer le sesame convoite. Petit soupir de soulagement… Nous voila plus sereins pour apprecier la fin de notre traversee de la Turqie.

Pour la premiere fois depuis le debut de notre petit periple, la realite de la frontiere s’est imposee a nous. Mais, pour nous, au-dela des petits tracas administratifs, c’est si facile… Et ca nous donne a reflechir : « etre ne quelque part, pour celui qui est ne, c’est toujours un hasard »…

photo-visa-iran

helene

7 commentaires

  1. ritter

    bravo, je me décide enfin à vous adresser un petit mail … en Franche Comté il fait beau les foins sont coupés, les blés sont encore verts bien sur mais déja très hauts, une alternance de pluie et de soleil favorise la pousse !

    On vous embrasse bien fort

    Odile et jean

    Répondre
  2. Hello,

    C’est facile pour les blancs-becs de rouler sa bosse avec de jolis papiers ! Et pour les autres entassés et convoités par les passeurs n’ont pas d’autres alternatives que fuir ces dictatures et poursuivre leur fuite coûte que coûte au prix de leur vie jusque….et toujours sans papier….
    Quelle vie !
    Je ne voulais pas casser votre moral ! désolé !
    Bisous

    Fred

    Répondre
  3. PASSERON

    Bonjour les lupios! bonne continuation ; on pense à vous; gros bisous; (belles les cartes postales, merci)

    Répondre
  4. ecole Jules Ferry

    Nous vous remercions pour vos commentaires et pour toutes les rencontres que vous nous faîtes partager. Nous prenons conscience que le problème de l’eau va devenir crucial. Il nous faut l’économiser et la partager.

    A bientôt

    Répondre
  5. Salut les aventuriers,merci pour les belles images et les commentaires
    au pays d’UBU roi la guerre de l’eau a commencée,à la clairefontaine nous n’irons plus puiser
    Bises

    Répondre

Laissez nous un petit commentaire !

En route avec Caro - tous droits réservés | Mentions légales Réalisation : Thematik.
Partages !