La balnéothérapie à Kerpape

La balnéothérapie à Kerpape, c’est pour moi deux éléments : un espace et une personne.

Y’a des rencontres qui vous disent tout de suite au fond de vous-même quelque chose du genre « ça va bien se passer » ; des présences qui vous rassurent, vous encouragent quand vous en avez besoin, vous incitent à vous calmer quand vous allez peut-être trop vite. Mon maître-nageur, ça a été un peu tout ça en même temps. Le premier jour, impatiente de rejoindre l’eau, je me souviens avoir enfilé mon maillot sur la table, avoir presque bondi sur le fauteuil de bain et m’être rincée vite fait sous la douche… En ouvrant le rideau, je croise son regard et sa frimousse, lui lançant un intuitif « C’est vous, Baptiste ? » « Oui », me répond-t’il avec un grand sourire. « Allez, c’est parti » dis-je en poussant sur mes roues…
Ça y est, elle est là, la fameuse piscine de Kerpape : de l’eau de mer chauffée à 33/34°C (les blessés médullaires thermo-régulent mal le bas de leurs corps), 35 mètres de long, une mise à l’eau, des barres, des jets, etc. Pour moi, c’est directement au bout de la piscine – pour faire des longueurs.

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« Tu sais nager ? » « Bin oui, mais je n’ai jamais pris de cours. J’ai appris seule, du coup c’est pas tout à fait la nage du petit chien, mais presque. J’essaie plutôt d’imiter la grenouille… Bon, en fait, à part la brasse, je ne sais pas faire grand- chose. » « Essaie le crawl. » « Ah bin non, ça, je sais pas faire. En plus, je ne suis pas sûre de pouvoir parce que j’ai été opérée et traitée pour un cancer du sein il y a quelques années. » « Vas-y, essaie quand-même. » Dans ma tête, j’ai dû penser un truc du style « T’es dur avec moi ».
Et pourtant, là, c’est effectivement parti… Chaque jour, cinq fois par semaine, une heure complète dans l’eau. En deux semaines, Baptiste m’avait enseigné les rudiments du crawl et du dos crawlé : un paquet d’allers-retours… en touchant l’épaule avant de plonger la main, en effleurant l’eau avant de plonger les doigts, en reprenant de l’air tous les 2, 3, 5 mouvements, en suivant les petits drapeaux au-dessus de la piscine, en suivant les lignes au fond de celle-ci, avec ou sans planche, avec ou sans masque, avec ou sans plaquettes, pfffff… avec ou sans forces ! Mon bras gauche a tiré un peu, mais pas de « gros bras » à déclarer, et surtout un déblocage impressionnant après deux à trois semaines d’entraînement généralisé à Kerpape.

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Entretemps, on met en place la commande et la fabrication des prothèses de nage, et au bout de trois semaines, je les ai ! Ce sont des provisoires, mais que c’est fantastique ! J’ai presque l’impression d’être une sirène. Et puis, sachant désormais nager du haut à peu près correctement, je me sens très à l’aise dans l’eau, je ne l’ai jamais autant été d’ailleurs. Moi qui aime tant l’eau…
Les retouches ont été pratiquement quotidiennes (la cicatrice du moignon gauche est notamment assez difficile à gérer). C’est Nicolas, en orthoprothésie, qui a fait tout ça, relayé par Gaël pendant ses vacances. Baptiste a aussi cherché un moyen de son côté pour que le système tienne plus longtemps : un shorty en néoprène a couronné le tout. Je vous laisse regarder ces images qui ont été faites une dizaine de jours avant la fin de mon séjour. Merci Baptiste pour les images dans l’eau 🙂

caroline

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