Qui sommes nous ?

Caro : « l’aventure ne doit pas s’arrêter là »
CaroCaroline, 37 ans. Géographe de formation, elle dirige l’ensemble de ses activités vers l’Homme avec un grand H, au sens d’humanité. Coordinatrice de projet, elle a essayé de voyager au maximum jusqu’à un cancer du sein en 2011, combattu pendant toute l’année 2012. Repartie à l’aventure, c’est malheureusement le 4 octobre 2014 à 200 mètres de chez elle, qu’elle se fait écraser tout le bas de son corps par une voiture folle.

Lorsque l’on vit en grande partie par et pour le voyage comme j’ai pu le faire depuis des années, il n’est pas facile d’accepter que l’un de ses principaux « outils de travail » soit réduit à néant. Mais, presque immédiatement et surtout instinctivement, je me suis dit que l’aventure ne devait pas s’arrêter là. Survivre à un tel accident est rare, et l’amour que je porte à Pierre me donne d’autant plus l’aspiration et l’appétit de faire ce voyage, avec lui à mes côtés, et moi avec mon nouveau corps.

C’est l’objectif que je me suis fixé : pouvoir remarcher grâce à de nouvelles jambes. Mais se pose le problème des prothèses : elles sont très coûteuses, et celles remboursées par la Sécurité Sociale française ne pourraient pas suffire à accomplir un tel projet, sur une telle distance, tant dans l’espace (plus de 10 000 km), que dans le temps (plus d’une année aux rudes épreuves).

La personne qui m’a privée de mes jambes roulait sans permis, sans assurance personnelle et le véhicule lui-même n’était pas assuré non plus. Je ne pourrai donc pas être indemnisée par la personne responsable de l’accident. Je me tournerai alors vers le Fond de garantie des assurances obligatoires de dommages* dont le montant de l’indemnité finale reste une totale inconnue.

Dans l’histoire, ce qui m’angoisse le plus est le fait qu’une très bonne prothèse vaut extrêmement cher (j’ai vu passer des devis à 50 000€, et même 100 000€ l’unité) ; que leur durée de vie moyenne est estimée à entre 3 et 5 ans ; qu’il m’en faut deux car je suis doublement amputée. Et surtout que je n’ai que 37 ans et qu’il va falloir que je m’en procure encore pendant quelques décennies !


Pierre : « Porte-drapeau du Karolinistan, je serai un sherpa »
Pierre

Pierre, 53 ans et père de trois enfants, partage sa vie entre Lyon et Marseille, où il travaille sur des projets d’eau et d’assainissement publics tout en dirigeant une petite association de solidarité internationale.

Entreprendre de parcourir la Route de la Soie en 2015 ne fait sans doute plus figure d’exploit dans le public. Cheminer cette antique route comme l’ont fait tant de marcheurs de rêve, illustres ou inconnus, reste certainement un exploit personnel. Vouloir la parcourir à pied ou à vélo quand on n’a plus ni pied ni jambe, comment appelle t-on cela ? Pas un défi, car Caroline considère toute question sensée, petite ou grande, comme un défi auquel il importe de répondre. Pas une folie, car Caroline pense que la folie la plus grande est de regarder passer la vie. Alors cela devra être juste le voyage qui reprend, sans plus jamais d’ampoule aux pieds. Ce sera sans plus jamais sentir non plus la chaleur du sable, mais les jambes importent moins que le cœur et l’âme pour ressentir la chaleur des humains et leur communiquer la nôtre. Et voilà ce qui me poussera, moi, à être sherpa, novice, porte-drapeau du Karolinistan les grands jours, de Caroline que j’aime : l’ampleur des battements de son cœur et l’altitude de son âme. Si l’amour que je lui voue ne suffisait pas à la pousser là où elle s’épanouit, mon admiration pour la force et la joie qui l’animent et qu’elle prodigue discrètement y pourvoirait. Et puis Caroline peut faire croire à cent personnes que se retrouver privé de ses jambes, c’est comme pour le nomade s’attarder un peu trop longtemps en altitude quand vient l’hiver mais que migrer vers la plaine ne tardera plus. Tous la croient et ils ont raison. Moi aussi, surtout moi.

 

Hélène & Steph

Au départ, nous voulions avant tout découvrir le monde de la façon la plus respectueuse possible de l’environnement et des limites de notre planète, à la rencontre des cultures, des paysages et des saisons… Faire un voyage « soutenable » et faire l’éloge de la lenteur dans un monde où tout s’accélère ! Puis l’histoire de Caro nous a bousculés… et a donné un sens supplémentaire au voyage : nous avons imaginé « rouler pour elle » pendant ce voyage en récoltant le plus de fonds possible pour la soutenir.

 Hélène : « Pour Caro, voyager loin sans voyager vite »
hélène
Hélène, 30 ans, vient tout juste d’obtenir un doctorat en sciences sociales. Après des études de sciences politiques et d’urbanisme, elle a travaillé dans le secteur du logement social et des politiques de l’habitat. Habitant dans le Champsaur depuis 2011 et passionnée de sport nature, elle « pratique » la montagne en toutes saisons, sur les skis ou en baskets. Voyageuse, après une année d’études en Chine il y a dix ans, elle a parcouru de nombreux pays et part pour un périple d’un an à vélo.

J’ai connu Caro à Paris sur les bancs de la fac de chinois il y a une dizaines d’années et nous sommes rapidement devenues amies. Ce projet de voyage à vélo, je le voyais comme une pause, une année « hors du temps » après avoir soutenu ma thèse de doctorat en urbanisme. Il prend un sens tout particulier aujourd’hui car c’est avec Caro que j’ai découvert le sud de la Chine, alors qu’elle poursuivait ses études de chinois à Kunming. Je garde un très beau souvenir de notre périple le long du Mékong et je souhaitais à mon tour faire partager ces découvertes à Stéphane. J’espère donc que ce projet nous permettra d’apporter un soutien à Caro mais qu’il nous donnera aussi l’occasion de montrer que l’on peut voyager loin sans voyager vite, dans le respect des hommes et de tout ce qui nous entoure.

 

Stéphane : « Pour l’amour de la vie »
stéphane
Stéphane, 46 ans, a été membre de l’équipe de France de ski de fond pendant une vingtaine d’années. Spécialiste des longues distances, il a gagné de nombreuses courses de renommée internationale (Transjurassienne, Foulée Blanche…). Après avoir quitté le circuit coupe du monde, il rejoint l’encadrement de l’équipe de France handisport en 2006. Il travaille actuellement à la direction des sports de la Ville de Gap et il est engagé dans différentes associations locales dans la vallée du Champsaur, où il réside. Epris de liberté, il s’apprête à prendre la route à vélo avec Hélène.

Après une carrière internationale en ski de fond, j’ai été entraîneur de l’équipe de France de ski nordique handisport pendant une olympiade. Pour moi, l’expérience a été très enrichissante sur le plan sportif mais surtout sur le plan humain. Combien de rigolades, de bons moments, de recherche de la performance dans le ski malgré l’handicap et les difficultés qui y sont liées… Durant ces années, chaque jour a été une leçon d’« amour de la vie » ! A travers ce voyage à vélo, j’aimerais changer le regard que l’on porte sur le handicap, sensibiliser aux problèmes liés à la sécurité routière, et évidemment apporter mon soutien à Caro.

En route avec Caro - tous droits réservés | Mentions légales Réalisation : Thematik.
Partages !